L'Information, un Droit, Vous Servir notre Devoir

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Jeunesse. Et initiatives nationales la communication passe par la famille et la cité ( Par Mamadou Ndione DG Cosec )

Comment gérons-nous notre Jeunesse dans nos familles, nos quartiers, nos communes, nos départements, nos régions et dans notre pays ? Répondre à cette question est essentiel si nous voulons collectivement tirer les leçons des récents évènements.

Le Chef de l’État qui en a une bonne lecture a décidé dans son discours du 8 mars 2021 de réorienter des allocations budgétaires pour répondre dans l’urgence aux besoins des jeunes en termes de formation, d’emploi, de financement de projets et de soutien à l’entreprenariat et au secteur informel. Au-delà des décisions salutaires du Président de la République, que devons-nous faire à l’échelle familiale, dans nos quartiers, communes, départements et régions pour un arrimage aux options de l’État ?

Déjà en revisitant le programme Liggeyal Euleuk, on se rend compte de sa forte orientation vers la cible Jeune. A Coté du « PSE Jeunesse 2035 », les quatre autres initiatives majeures du quinquennat maillent la cible Jeunesse. 

Prendre en compte l’avenir de la population jeune dont plus de 63 % est âgée de zéro à vingt-cinq ans ne pouvait se faire qu’en mettant l’accent sur l’Éducation et la Formation élémentsessentiels de la résolution de la question de l’Emploi et de l’Entreprenariat.

C’est pourquoi en plus de l’objectif de scolarisation universelle, l’École de la deuxième chance est un élément important du dispositif qui, une fois mis en place,permettra de ne point laisser en rade les jeunes exclus du système. Il faut rapidement résoudre cette équation de la deuxième chance. Il est vrai que la carte universitaire s’est enrichie de trois grandes entités en plus des cinq Instituts Supérieurs d’Enseignement Professionnel et Technique (ISEPT) sans compter l’objectif révolutionnaire avec les cinquante Espaces Numériques Ouverts (ENO) en cours de réalisation.

 Il faut reconnaitre que c’est avec le Président Macky Sall que notre pays a commencé à mettre vingt milliards de FCFA sous forme de bourses pour la formation professionnelle à travers le Fonds de Financement de la Formation Professionnelle et Technique 3FPT. L’option dans les enseignements est d’aller à fonds vers l’introduction de l’informatique et de l’anglais à partir du cours moyen et d’avoir 30% des apprenants vers les filières professionnelles, dont la moitié vers les métiers du numérique. En plus des instruments de Formation, un levier de financement des sortants existe à travers la Délégation générale à l’Entreprenariat Rapide des Femmes et des Jeunes (DER/FJ).

En plus de l’emploi de jeunes, le programme liggeyal Euleukprend en compte les volets santé et sport avec l’activation de réseaux de centres de Jeunesse en tant que plateformes de lutte contre l’exclusion sociale, le recrutement d’animateurs d’activités socio-éducatives, la mise aux normes de Maison de la Jeunesse et de la Citoyenneté (MJC) au niveau de chaque département. Ce programme en cours d’exécution permettra de résoudre une des équations posées par les évènements récents.

Il n’y a pas que le « PSE Jeunesse ». Beaucoup de jeunes s’activent dans le secteur dit informel. Le « PSE Economie sociale et solidaire » qui vise à résoudre l’équation de la transition de l’économie informelle vers la PME est aussi un pari pour la Jeunesse. Il s’agit dans une approche décentralisée de mettre en place au moins une maison de l’entrepreneur par département pour la transformation locale de la production. Cela devra se faire à travers la réforme des chambres de métiers pour une mutualisation des chaînes de valeur locales. Pour capter la commande publique, l’instrument mis en place par le Chef de l’État est la Caisse des Marchés Publics, filiale de la CDC, pour le financement des PME et TPE. Moderniser le secteur informel c’est mettre en place le programme d’urgence pour la modernisation des marchés avec, au moins dans chaque région, un marché commercial de référence. La question fondamentale ici est dans l’inclusion et la traçabilité de ces nombreux marchands ambulants à inclure nécessairement dans des plateformes pour un traitement de masse. 

Peut-on cibler la Jeunesse sans parler de numérique ? Evidemment non. C’est pourquoi le « PSE Economie Numérique inclusive » met l’accent sur la promotion d’une « société apprenante et une économie de l’innovation ». Concrètement la révolution est encours à travers le Parc de technologies numériques (PTN) de Diamniadio qui sera un véritable incubateur d’entreprises numériques. Déjà nous avons le Centre national de calcul scientifique qui sera au cœur de la Cité du Savoir. Comment via le numérique, permettre une transversalité de l’information économique permettant par exemple plus de visibilité pour la femme transformatrice de fonio de Goudiry ? A côté du numérique, il y a le vert.

Dans le « PSE Vert », la Jeunesse a son rôle à jouer comme levier de la transition agro-écologique dont l’objectif avoué est lasécurisation alimentation des générations futures. A travers la reforestation durable du territoire national en cours avec l’Agence sénégalaise de la reforestation et de la Grande muraille verte, des moyens importants sont mobilisés pour un travail de fond en relation avec les collectivités territoriales avec des niches énormesd’emplois. A ce niveau, les communes doivent faire preuve d’initiatives et d’implication des Jeunes à travers les ASC. Parler d’économie c’est aussi parler d’industrie.

Après la résolution de l’équation énergétique dans la premièrephase du PSE, Le « cap sur l’industrialisation » qui vise plus d’accélération de la transformation structurelle de l’économie est en marche avec les agropoles, les parcs industriels et technologiques, et la mise en forme progressive des hubs miniers sans compter les efforts pour mieux accompagner les Petites et Moyennes Industries (PMI). La question industrielle est dans l’approche chaine de valeurs qui requiert des initiatives à la base dans la résolution des questions logistiques primaires de stockage,de conservation et de mutualisation à travers des coopératives de producteurs à l’échelle des communes, départements et régions pour plus de lisibilité dans les formes de représentation au niveau national.

Jeunesse + économie sociale + numérique + vert + industrie = Jeunesse épanouie. Pour dire simplement qu’à travers les cinq initiatives du programme liggeyal euleuk, le Chef de l’Etat avait fini de placer la Jeunesse au cœur de son projet. La COVID-19 qui a freiné les actions à l’échelle mondiale n’a pas épargné notre pays. Elle n’en a pas pour autant freiné l’ambition du Chef de l’État qui déjà est dans l’action à travers le PAP 2A et les dernières décisions de réallocations des ressources en faveur de la Jeunesse. Dans son message suite aux manifestations, le Chef de l’État a réitéré ses options pour plus d’inclusion de la Jeunesse par l’accélération et la rationalisation des interventions. Cette nouvelle démarche sera à coup sûr plus décentralisée et devrait englobertous les segments du pays. 

Un jeune qui vit au Sénégal est d’abord dans une famille. Que fait-il pour la famille et que fait la famille pour lui ? Il faut à l’échelle des familles, revoir la table de valeurs pour plus d’éducation et moins de pression d’ordre matériel sur les frêlesépaules de notre Jeunesse. Nos familles ne doivent pas fuir leur responsabilité de protection de la Jeunesse.

Après la famille, il y a le quartier. Comment faire participer le Jeune dans son quartier ? Le levier le plus essentiel semble êtrel’Association. Nous devons tirer le plus grand profit des 7 500 ASC du mouvement navetane et des autres cadres pour avoir des réceptacles décentralisés de socialisation. La mue sera nécessaire pour ces associations à vocation juvénile qui doivent dans l’urgence résoudre toutes l’équation de la formalisation. Les récents évènements ont montré que certains quartiers traditionnels bien organisés ont su gérer la question sécuritaire à travers le réflexe « zéro violence dans mon quartier » que votre serviteur a modestement initié avec certains relais qu’il faut remercier pour leur engagement sain et citoyen. Autour du Chef de quartier, il faut plus d’inclusion des jeunes sur les questions économiques et sociales et sur la prévention sécuritaire si nous voulons à terme avoir des formes d’identification sociale capables d’éviter des formes de violences importées. En vérité, ceux qui venaient mettre le feu dans nos quartiers venaient pour la plupart d’autres quartiers avec juste l’avantage d’être une minorité organisée face à la majorité surprise qui assistait en spectateur des pillages. Il faut un bon dosage entre sécurité centrale et sécurité de proximité à l’échelle du quartier pour rester dans la prévention et la gestion des conflits. A titre d’exemple, il suffit d’avoir 20 jeunes en charge de la protection à l’échelle des quartiers de Dakar organisés autour des 570 ASC affiliées à l’ORCAV pour avoir 11 400 occupations pour ne pas dire emplois qui pourraient êtrearrimés à une formation civique pouvant déboucher sur des financements. A l’échelle nationale, imaginons ce que cela donnera autour des 7 400 ASC de l’ONCAV. Les ASC doivent pouvoir être les lieux d’éducation civique, de gestion des réflexesde protection de proximité et de formation alternative pouvant déboucher sur des financements. Elles doivent de plus en plus êtredes interlocuteurs et des réceptacles de politiques publiques à condition qu’elles soient d’abord l’affaire des jeunes.

Après le quartier, vient l’échelle communale. Comment percevons-nous nos communes ? Donnent-elles par exemple des terres à la Jeunesse pour les activités économiques et sociales ? Il est urgent de revoir notre rapport à la Jeunesse notamment rurale si nous voulons accélérer la révolution agricole lancée avec brio par le Chef de l’État. Le challenge pourrait par exemple être de demander à toutes les communes du Sénégal de délibérer tout de suite sur des terres au profit des entités locales pour que librement les Jeunes puissent y exercer des activités avec l’aide de l’État et ses démembrements. Cela permettra d’avoir à l’instar des programmes salutaires de l’État comme le PRODAC plus de lisibilité dans les interventions pour la collectivité.

En définitive, la Jeunesse est une cible qui requiert une synergie d’actions puisque que comme rappelé plus haut 63% de notre population a entre zéro et 25 ans. C’est une chance à saisir. Si nous réussissons l’ancrage familial, au niveau du quartier, de la commune, du département et de la région, le link sera beaucoup plus cohérent et efficient avec les programmes au niveau central pour aller vite et bien vers plus d’inclusion pour la Jeunesse qui a besoin de repères pour mener le véritable combat du développement national.

En vérité, nous avons les bonnes options au niveau central. Le défiest à l’arrimage des actions locales au cadrage global. L’enjeu comme rappelé par le Chef de l’Etat est de permettre à notre Jeunesse « d’éviter de participer à tout ce qui nous retarde dans la quête d’un avenir meilleur ». Notre pays qui fait l’objet de convoitises pour des raisons évidentes ne doit pas permettre que l’on utilise sa Jeunesse contre lui dans un contexte rude pour toute la planète. Comme disait Malraux, « La jeunesse attire les démagogues comme le miel attire les mouches. ». Il nous appartient collectivement de travailler dur pour que notre Jeunesse soit l’épine dorsale du développement national dans un contexte mondial post-COVID qui est et qui sera encore le terreau de toutes les surenchères extrémistes. Nous avons l’obligation d’aider notre Jeunesse. Nous devons communiquer un peu plus avec elle sur toutes les opportunités.  A l’échelle de la famille et de la cité d’abord, il nous faut communier et ensemble bâtir notre pays avec sa Jeunesse comme nous y invite le Chef de l’État. Cette mission collective doit être l’œuvre des tous et de chacun parce qu’étant plus que vitale pour notre Sénégal.

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