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Cortège de Sonko à Mermoz: Les vraies raisons du blocage de son itinéraire

Trois jours après le placement sous contrôle judiciaire de l’opposant Ousmane Sonko, après quatre jours de garde-à-vue à la caserne Samba Diéry Diallo de colobane, les langues commencent à délier. Surtout à propos du blocage du cortège du leader de Pastef au rond-point Mermoz alors qu’il se rendait au tribunal.

En tout cas, ce qui s’est produit au rond-point Mermoz ressemble à un obstacle qui a fini par obstruer le peu de lumière devant éclairer les zones d’ombres de l’enquête préliminaire. Que s’est-il passé mercredi dernier jusqu’à ce que le préfet de Dakar décide de bloquer le cortège du leader de Pastef ? Nos confrères du journal Le Témoin répondent et révèlent. Ce jour-là, Ousmane Sonko devait être entendu par le juge du 8ème cabinet Mamadou Seck dans le cadre de la plainte pour viols et menaces le visant.

Une audience fixée à 9 heures dans le bureau du juge. En ordonnant au juge Mamadou Seck d’ouvrir une information judiciaire, le procureur de la République, Serigne Bassirou Guèye, avait requis le mandat de dépôt contre Ousmane Sonko. Après avoir soumis le dossier à l’appréciation de quelques collègues magistrats, qui avaient le même sentiment que lui, le juge Mamadou Seck est allé voir le procureur Serigne Bassirou Guèye pour lui annoncer sa décision de ne pas placer Ousmane Sonko sous mandat de dépôt compte tenu de la vacuité du dossier.

Une situation embarrassante pour le maître des poursuites qui s’est mis dans tous ses états alors que le convoqué, c’est-à-dire Ousmane Sonko était déjà en route vers le tribunal ! Soumis à de terribles pressions, le juge Mamadou Seck a immédiatement envoyé une correspondance au président du tribunal et au procureur de la République pour leur dire qu’il se dessaisit du dossier « pour convenance personnelle ». C’est ainsi que le mercredi en milieu de journée, le juge du 8ème cabinet a écrit au procureur de la République du tribunal de grande instance hors classe de Dakar pour demander à être dessaisi du dossier Sonko-Adji Sarr.

Dans sa correspondance, il est allé plus loin en expliquant qu’il était la cible d’attaques méchantes et injustifiées depuis l’ouverture de l’instruction de ce dossier sans oublier les menaces proférées contre sa famille. Et comme l’heure était grave et que Ousmane Sonko et son « Ndirane » (foule) poursuivaient leur chemin vers le Tribunal, il fallait sauver la face ! Et trouver un prétexte permettant au procureur de confier le dossier à un autre juge d’instruction pouvant suivre le parquet dans sa réquisition c’est-à-dire expédier Ousmane Sonko à Rebeuss. C’est ainsi qu’il fut ordonné de bloquer le cortège de Sonko au rond-point Mermoz le temps de trouver une solution.

Le préfet de Dakar fut donc sommé d’aller au charbon. Pour accomplir une tâche fort désagréable. « Ah bon, vous ne voulez pas changer d’itinéraire ? Alors, je vous arrête pour troubles à l’ordre public ! » a signifié le pauvre fonctionnaire à l’endroit de Sonko. Les gendarmes viennent procéder à son arrestation en le sortant du véhicule.

L’essentiel, c’est de le garder le temps que le procureur et ses supérieurs trouvent une solution face à l’impasse dans laquelle le juge Mamadou Seck les avait placés par son refus d’instruire le dossier Ousmane Sonko ! Ce n’est que beaucoup plus tard que le doyen des juges Samba Sall, alors que le procureur Serigne Bassrou Guèye cherchait désespérément un juge de substitution, a volé à son secours en se portant volontaire pour instruire le dossier de l’affaire de « viol » et « menaces de mort », opposant Adji Sarr et Ousmane Sonko.   

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