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Conflits d’une génération: Les jeunesses politiques éclipsées par les activistes

Nous sommes loin de ce temps-là, quand l’Université de Dakar fut le théâtre de rudes confrontations idéologiques entre les jeunes de l’Union progressiste sénégalaise (Ups) de Léopol Sédar Senghor et leurs congénères communistes, ayant prêté allégeance à des mouvements de gauche.

Des batailles épiques pareilles ont révélé Djibo Kâ. Dans les années 90 et au début des années 2000, après la chute du Parti socialiste, un certain Pape Babacar Mbaye se fera mieux connaitre  par sa propension à tenir la dragée haute. En face, il y avait Talla Sylla, d’abord proche de l’opposant Me Abdoulaye Wade avant de créer son propre mouvement avec des camarades de l’épopée de « l’année blanche » de 1988.

C’est de cette manière que Modou Diagne Fada, dirigeant dans le mouvement estudiantin et futur leader de l’Union des jeunesses travaillistes et libérales (Ujtl), fera son apparition, pour devenir le benjamin du premier gouvernement issu de l’alternance de 2000. Son successeur à la tête du ministère de la Jeunesse, Aliou Sow, est de cette moule.

Depuis lors, tout a changé. L’espace scolaire et universitaire n’est pas ce cadre d’incubation qui forme les futures élites politiques. Pis, les clivages ne sont plus idéologiques, ils sont basés sur des données crypto-personnelles.

Cela, d’autant plus que la démocratie interne n’est plus dans les partis le mode privilégié pour accéder aux commandes. Pendant tout ce temps que Me Abdoulaye Wade a été au pouvoir, une seule fois en 2011 l’Ujtl a renouvelé ses structures. C’est encore pire avec l’Alliance pour la république : les coordonnateurs de la COJER sont cooptés par Macky Sall, de Abdou Mbow à Moussa Sow, en passant par Thérèse Faye. Conséquence : ce manque de reconnaissance suscite quelque immobilisme, puisque de nombreux jeunes militants ne souscrivent pas au leadership de « l’heureux élu ». 

Toutes choses qui font que les activistes émergents pour marcher sur les plates-bandes des jeunesses politiques. La bataille pour le contrôle des réseaux sociaux semble être remportée par Guy Marius Sagna ou encore Karim Xrum Xax. Avant eux, tête de pont de l’élan populaire qui a conduit à l’alternance de 2012, Y’en a marre, a donné à ce type de militantisme ses lettres de noblesse.

Ombre au tableau : on ne sait plus délimiter la frontière entre société civile et militantisme partisan. Guy Marius Sagne et Karim Xrum Xax ont appelé à voter pour le candidat Ousmane Sonko à la dernière présidentielle et ce dernier tire profit de sa proximité avec ces mouvements qui se proposent de nettoyer les écuries d’Augias.

C’est dire que les jeunes des partis traditionnels ont intérêt à faire leur mue, sous peine d’être effacés de la carte politique.

Par Dakar24sn.com

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