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Réactivation des corps de contrôle : quand Macky soigne l’image de son régime  

Promoteur d’une philosophie de « gouvernance sobre et vertueuse », Macky Sall, durant les premières années de son magistère, avait érigé la lutte contre la corruption en priorité. Toutefois, pour d’aucuns, la montagne a accouché d’une souris, puisque la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI) donna l’impression d’une machine ainsi mise en branle « pour réduire l’opposition à sa plus simple expression ». On en veut pour preuve : la plupart des personnalités du défunt régime libéral ont fini par rejoindre la majorité présidentielle et contribuer à la réélection du président Sall. Seul Karim Wade est passé à la trappe.

Mais, depuis quelque temps, le débat sur la transparence revient avec force dans la conduite des charges publiques. Le chef de l’Etat, auquel on a reproché d’avoir mis bien des dossiers « sous le coude », semble opérer un recentrage sur la bonne gouvernance.   

C’est dans ce cadre que l’Inspection générale d’Etat (IGE) a remis,  lundi 14 juillet 2020, ses rapports sur la gouvernance et la reddition des comptes, sur la période 2016-2019, au président de la République.

 

Deux jours plus tard, en conseil des ministres, le président de la République a invité le Gouvernement, « à engager en rapport avec l’Inspection générale d’Etat, le Bureau Organisation et Méthodes et le Contrôle Financier, les diligences appropriées en vue de finaliser une nouvelle doctrine de pilotage des administrations de mission, des administrations décentralisées et du secteur parapublic afin de relever définitivement l’efficience et la qualité du Service public ».

Le 31 janvier 2020, les rapports 2015, 2016 et 2017 de la Cour des comptes ont été publiés sur le tard. Dans la foulée, ce corps de contrôle, managé par Mamadou Faye, a annoncé que les rapports de 2018 et 2019 seront rendus publics au mois d’octobre 2020.

Cette frénésie par laquelle les rapports sont déclassifiés alimente bien des soupçons, dans un contexte de guerre de succession. Des cancans croient savoir que par ce biais, le chef de l’Etat veut surveiller le trésor de guerre prêté à certains membres de son entourage de premier cercle qui lorgneraient son fauteuil.

Pourtant, l’explication peut être toute autre, et nous avons déjà révélé dans ces colonnes que Mouhamadou Makhtar Cissé et Amadou Ba, perçus comme des cibles de la directive présidentielle précitée, ont déjà déclaré leurs patrimoines depuis 2014.

En réalité, l’économie  sénégalaise, qui a traversé une sorte de « tension de trésorerie » dès l’année 2018, a besoin d’un assainissement pour rendre le gouvernement plus crédible auprès des partenaires financiers internationaux. Cela, d’autant plus que les contrecoups néfastes du coronavirus ne vont laisser aucune chance à la mal gouvernance.

En définitive, soucieux de soigner la signature du Sénégal, Macky Sall, l’apôtre de l’effacement de la dette africaine,  voudrait commencer par balayer devant sa propre porte pour se conformer aux exigences du Fmi et de la Banque mondiale.

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