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Mémoires d’outre-tombe : et si Tanor balançait le secret pour être homme d’Etat ?  

Le 15 juillet 2019, disparaissait Ousmane Tanor Dieng, alors inamovible patron du Parti socialiste. L’anniversaire de cette disparition coïncide avec un contexte politique chargé, où l’on aura assez disserté sur la dépravation de certaines qualités civiles qui établissaient la réputation de l’homme d’Etat, avec les insanités échangées entres pontes de l’Alliance pour la République et la saga de Abdou Karim Sall, auquel on prête de s’être offert un ranch, en plus d’avoir transféré dans ce domaine privé des oryx qui appartenaient au Patrimoine national.

Bref, toutes choses qui viennent rappeler que le Sénégal, avant de tomber dans de telles abysses, fut réputé une école d’hommes d’Etat, nourris aux mamelles de « l’organisation et de la méthode », expression chère à Léopold Sédar Senghor.  Durant ces dernières années, le comportement de Ousmane Tanor Dieng aura été emblématique de cette mystique de l’Etat, qui établissait « l’exception sénégalaise », dans une Afrique peuplée de régimes non sortis de la nuit noire de la chefferie traditionnelle.

Avant, pour devenir ministre, il fallait faire son chemin de Croix, et observer la période de maturation nécessaire. Tout comme Abdou Diouf, OTD a été formé dans les coursives. Il a fait ses écolages comme conseiller diplomatique avant de devenir directeur de cabinet du président de la République, puis tout-puissant ministre d’Etat, ministre des Services et affaires présidentiels. Feu Djibo Leïty Ka, son alter ego, aimait caricaturer en le présentant comme « un socialiste de fonctions et non de convictions ». Pourtant, la plupart des caciques du défunt régime socialiste ont été  éprouvés dans la haute administration avant de politiquer. Ainsi, de Famara Sagna à Landing Sané, ils étaient tous des « socialistes de fonctions ».

Raison pour laquelle, au plus fort de la crise entre Rénovateurs conduits par Djibo Kâ et Refondateurs, amenés par Ousmane Tanor Dieng, jamais l’arme du déballage n’a été activée. Il y a toujours une ligne rouge qui n’a pas été franchie.

Depuis 2000, cette culture du secret d’Etat a été rompue. D’abord, le fameux CD de Idrissa Seck, « Lui et moi », à travers lequel les profanes ont su des choses sur les mécanismes de fonctionnement de la Caisse noire. Quelques années plus tard, le Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye révélera les fonds octroyés à Landing Savané dans la plus grande discrétion.  Des proches du même Jules Ndéné n’hésiteront pas à déballer gravement contre Samuel Sarr, qui ripostera à l’arme lourde.

De décembre 1962 à la perte du pouvoir en 2000, les socialistes ont géré beaucoup de cadavres sous les placards. Mais de 2000 à nos jours, la loi de l’omerta est souventes fois violée. 

L’Alliance pour République, qui est une latéralité du Pds, renouera avec cette méthode une fois au pouvoir. Et il va falloir craindre que les injures de Moustapha Cissé Lô ne soient qu’un premier jalon dans un long cycle de déballages dans la guerre pour la succession de Macky Sall.

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