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Souleymane Teliko sur la loi criminalisant le viol: «Nous sommes chargés d’appliquer la loi de façon correcte»

La loi portant criminalisation de l’infraction du viol a fait l’objet d’une journée de réflexion à laquelle était convié les praticiens du droit. Organisé en partenariat avec l’Ong 3D, cette journée de réflexion a porté sur le thème : « Nouveauté et défis de la loi portant criminalisation de l’infraction du viol » Président de l’union des magistrats du Sénégal (Ums), Souleymane Teliko de dire que nous en tant qu’acteurs nous sommes chargés d’appliquer la loi.»

Au-delà de cela le patron de l’Ums estime que « ces acteurs ont aussi une mission de réflexion pour voir dans quelle mesure on peut procéder à l’application satisfaisante de cette loi. »

«Une chose c’est d’appliquer la loi, une autre chose est de l’appliquer de façon correcte en satisfaisant à tous les paramètres », déclare Souleymane Teliko. « Quand je dis paramètre, il faut comprendre que l’œuvre de justice est une œuvre complexe, une œuvre de responsabilité qui doit prendre en compte beaucoup de paramètre», ajoute-t-il.

«Autant les victimes doivent être protégés, indemnisés parfois accompagnés », selon le magistrat avant de souligner « autant les personnes poursuivies doivent d’un procès juste et équitable. Ils doivent être jugés dans les délais raisonnables. »

« La principale caractéristique de la loi (portant criminalisation du viol) est le durcissement de la peine », en citant M Teliko qui indique « qu’avec l’ancienne loi, la personne poursuivie de viol pouvait être condamné à deux ans de prison. Désormais cette loi (la nouvelle) la peine minimale c’est 10 ans. »

«Mais dans certaines circonstances, le viol peut être un déni de réclusion à perpétuité », fait remarquer le magistrat qui souligne « qu’une bonne répression ce n’est pas une peine élevée c’est surtout la certitude dans le prononcé de la peine. »

« Le viol est devenu un crime, il faut passer par l’instruction », selon le magistrat qui souligne que « si les juges surchargent le dossier, la voie de l’instruction peut mener à une longue détention. » Avant de rassurer en ces termes : « C’est un risque, mais un risque qui ne nous amène pas à fonder le bien-fondé de la loi. »

Demba Kandji, premier président de la Cour d’Appel de Dakar de dire que : « Je ne peux pas comprendre que la police scientifique dise qu’elle ne dispose pas d’un laboratoire sur lequel elle compte pour procéder à la manifestation des preuves. »

«Si nous voulons être indépendants, nous ne devons pas compter sur les coopérations internationales pour renvoyer des prélèvements en France. C’est une démarche assez humiliante qui n’est pas bonne. On le fait deux voire trois fois, la France ne répondra plus. Parce qu’il y a des contraintes budgétaires », déclare-t-il

 « Je suis heureux de voir la police se remettre à niveau. Elle est partie plus loin que la magistrature. Parce qu’il n’y a pas de moyens dans les cabinets d’instruction. Nous devons éviter de commettre des erreurs en faisant de preuve de responsabilité en tant que professionnels. Un juge ne peut se projeter sur ce qui va lui arriver s’il prenait telle ou telle précaution », selon lui tout en affirmant qu’« un juge,  ce sont des faits qu’on lui soumet et qu’il diagnostique avec les preuves. Lui seul peut le faire. S’il se met à penser à son image ou à ce qui peut lui arriver, cela peut être catastrophique. Notre responsabilité est grande par rapport aux jugements rendus. »

Dakar24sn.com

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