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Spécial journée du 08 mars: Yaye Fatou Diagne, une femme autonome, responsable

Yaye Fatou Diagne, Mairesse de Ngathie Naoudé, est l’une des femmes sénégalaises qui a accédé à un niveau de responsabilité remarquable. Femme leader, femme de poigne, elle travaille, sans relâche, pour plus d’autonomie et d’esprit d’entreprise chez la gent féminine.

Who is this woman ? On croit la connaitre. Mais, en vérité, on ignore beaucoup de choses sur elle. Yaye Fatou Diagne, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, est bien plus qu’une simple femme de… Chaque séquence de sa vie mérite, en fait, d’être contée, exposée à la jeune génération en quête perpétuelle de repères. Qu’importe parfois la manière ! De par sa trajectoire, la mairesse de Ngathie Naoudé a accumulé beaucoup de leçons de vie, dont l’une des plus essentielles est sans doute : l’autonomie.

Dans une conférence publique, elle confessait : ‘’J’ai perdu mon père à l’âge de 9 ans. Ma mère avait déjà 5 enfants dont j’étais l’ainée. Après cette disparition, c’était la traversée du désert. On en a vu de toutes les couleurs. C’est d’ailleurs pourquoi je n’ai jamais voulu dépendre de qui que ce soit. Encore moins d’un homme.’’ Fût-il son mari !

Choix de vie ne saurait être plus périlleux dans une société assez machiste, où la femme est souvent confinée au foyer. Mais Yaye Fatou ne l’entend pas de cette oreille. Pour elle, une femme doit savoir être autonome. D’où l’origine des frictions avec son tout premier époux. Elle venait d’avoir 19 ans. Elle était toute belle. Un véritable ‘’top model’’ qui faisait des ravages sur son passage.

Simple, naturelle, brillante basketteuse, l’ancienne ailière de la Sonacos et du Dakar université club (Duc) racontait comment ce mariage s’est cassé. Malgré toutes les qualités de son homme. ‘’Il faut savoir que jusqu’à l’obtention de mon baccalauréat (série S), je n’avais jamais eu de petit-ami. C’est après le Bac que ma mère m’a convaincue, non sans menaces, de me marier avec un tonton. Moi, je voulais d’abord terminer mes études avant de penser à la vie conjugale. Mais ma mère ne m’a pas laissé le choix…’’

Finalement, la teigneuse jeune fille accepte, mais à une condition. ‘’Qu’il me laisse terminer mes études avant de penser à un enfant. Comme la plupart des hommes, il avait accepté, mais au bout d’une certaine période, il a commencé à changer d’avis. Je dois dire que tout se passait très bien et il était vraiment gentil. Mais je lui ai fait savoir que même s’il a les moyens de m’entretenir, il ne pouvait me garantir qu’il ne serait pas mort du jour au lendemain, me laissant seule au monde avec des enfants. Comme je dépendais de lui, il a pensé qu’en me fermant les robinets, j’allais couler et revenir à de meilleurs sentiments. J’ai préféré divorcer…’’

Belle, simple, divorcée, la jeune étudiante à la faculté de Médecine, avec sa noirceur d’ébène, épatait partout où elle passait. Mais elle ne s’est jamais compromise. Droite dans ses coquettes, elle a foncé sur son seul objectif : les études. C’est à l’Ecole supérieure de psychologie du Maroc qu’elle finit par obtenir son diplôme en psychologie.

Psychologue clinicienne, diplômée en marketing, en sage-femme d’Etat, la native de Ziguinchor, originaire de Daga Diakhaté, dans le département de Guinguinéo, dans le bassin arachidier, est plus connue en tant que femme d’affaires. ‘’J’ai très tôt pris des initiatives, parce que je devais aider ma famille. Après le rappel à Dieu de ma mère, c’était à moi d’encadrer mes jeunes frères et sœurs. J’ai eu à créer ma première société en 1996. J’évoluais dans le marketing, la commercialisation, la distribution, l’accompagnement, la promotion de certains produits, la fourniture de matériels divers…’’.

La passionnée de médecine ouvrira, plus tard, son cabinet de psychologie clinique, avant de plonger dans la mare politique. Aujourd’hui, c’est la consécration. Yaye Fatou est non seulement mairesse de Ngathie Naoudé, mais aussi coordonnatrice du Programme national de développement de la microfinance (Promise). Elle déclare : ‘’C’est une mission exaltante. Notre pays n’avait qu’un seul mode de financement. Aujourd’hui, la diversification des modes de financement est une opportunité pour l’émergence. Les portes du pays sont ouvertes à la finance islamique de manière générale, à la microfinance islamique en particulier et c’est une excellente chose.’’

Pour Yaye Fatou, la microfinance islamique contribuera activement au développement de l’entreprenariat et à la formation des acteurs. Et elle compte accorder une place particulière à la femme qui, selon elle, est le socle de la société.

Une vie pour les femmes

 ‘’Aider la femme, c’est aider une société’’. Telle est la conviction de Yaye Fatou Diagne. A cet effet, elle se bat sans relâche pour l’émancipation de la gent féminine dans son terroir. A la tête de la Plateforme des femmes de Kaolack, l’édile fait de l’autonomisation de ses membres son cheval de bataille. L’année dernière, à l’occasion de la Journée de la femme, l’organisation se vantait d’avoir soutenu plus de 8 000 femmes. Pour l’année 2020, en ce 8 Mars, elles vont encore se réévaluer pour voir les étapes qui restent à franchir. C’est d’ailleurs tout le sens de cette journée, d’après elle.

‘’C’est un bon prétexte pour faire notre introspection, échanger des expériences et s’enrichir mutuellement. C’est donc plus qu’une affaire de journée. Je trouve que c’est une belle journée pour les femmes. Le thème de cette année, c’est «Même droit, même chance, un progrès pour tous». Je demande aux femmes de croire en nos valeurs et convictions. C’est très important. Ça ne doit pas être un simple slogan, mais une réalité dans la démarche de toutes les femmes’’, lance Mme Diagne. Ceci, estime-t-elle, va contribuer, in fine, à l’équilibre de la vie quotidienne.

Opératrice économique reconnue, Yaye Fatou s’active dans diverses activités génératrices de revenus. Pour fructifier ses affaires et celles de ses collaboratrices, elle a mis en place un groupement d’intérêt économique (GIE) œuvrant dans la commercialisation du sel. Passionnée de sport, particulièrement de basket-ball et de natation, l’ancienne pensionnaire du Duc accroche à son palmarès plein de sacres : coupe Mme Elisabeth Diouf, trophée Arc-en-ciel, Soupe du Sénégal… L’ex-épouse de Serigne Mboup n’en est pas moins une passionnée de lecture et de cinéma.

Fille d’un enseignant sérère et d’une mère balante, elle a passé une bonne partie de sa jeunesse à Ziguinchor, où elle a pu décrocher son Bac, avant d’atterrir à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. Une véritable femme leader !

SOURCE AIDA DIENE ENQÊTE

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