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Hausse du Prix de l’électricité: Me Massokhna Kane démonte les arguments de l’Etat et suggère l’audit du plan Yeesal

Les arguments de l’Etat du Sénégal pour justifier la hausse du prix de l’électricité ne tiennent pas la route. Cette déclaration est de Me Masokhna Kane, président de SOS consommateur, qui animait la conférence de presse du collectif Noo Lank d’hier.

Battant en brèche les explications des responsables de la Senelec ainsi que celles des autorités étatiques, l’avocat estime que cette hausse, c’est juste pour permettre à l’Etat d’amasser de l’argent sur le dos des consommateurs. Il suggère par ailleurs l’audit du plan Yeesal.

Après avoir félicité et remercié les membres du collectif Noo Lank pour leur constance et leur courage, le président de SOS consommateur déclare que tout le monde est concerné par cette hausse injustifiée, malgré tous les efforts de communication qui ont été faits aussi bien par la Senelec qu’au plus haut sommet de l’Etat. «Même le chef de l’Etat s’y est mis lors de son discours de fin d’année. Ils ont essayé d’expliquer et de justifier cette hausse en vain», a fait savoir Me Kane.

Selon l’avocat et ancien ministre sous le magistère de Abdou Diouf, nous sommes dans un contexte de hausse généralisée sur les prix. «Ça a commencé par l’essence, le ciment, le fer, les frais de douane et ensuite l’électricité. Lorsqu‘on a augmenté le prix de l’électricité par une décision éclair, nous l’avons attaquée en justice.  Ils ont essayé d’expliquer par des faux alibis», souligne le président de SOS consommateur.

 A en croire ce dernier, l’Etat a  tenté de justifier la hausse par d’abord le cours du baril de pétrole, alors qu’il n’en était rien depuis des années. «Nous avons dit et écrit depuis 2014 que le Sénégal devait baisser au moins de 30% aussi bien le prix de l’essence que celui de l’électricité. Alors, lorsque l’Etat avait diminué les prix de l’électricité de 10%, on s’en était glorifié, même si nous nous attendions à plus. Donc quand il évoque cette réduction de 10% pour dire que cette hausse, c’est juste une balance, nous disons que c’est faux», fulmine Me Kane.

«Comment peut-on être en surproduction et aller louer un bateau avec des centaines de millions ?»

L’excuse de l’électrification rurale aussi ne tient pas la route, selon le président de SOS consommateur. Me Massokhna Kane de dire que dans son discours de fin d’année, le chef de l’Etat déclarait que le Sénégal devait investir près de 600 milliards, réduire les subventions et ajuster les tarifs, pour électrifier le monde rural ; voilà comment il a essayé d’expliquer la hausse de 10%.

«Il a aussi dit que le secteur de l’énergie a été redressé avec 1200 mégawatts mais ce qui est paradoxal, c’est comment peut-on prétendre produire plus que le besoin du Sénégal en énergie et aller louer un bateau turc pour cinq années pour une somme de 115 milliards pour une production de 240 mégawats ? Comment peut-on être en surproduction, prétendre vendre de l’électricité à la Gambie et à la Guinée-Bissau et aller louer un bateau avec des centaines de millions ?», s’interroge le défenseur des consommateurs sénégalais, qui attire aussi l’attention des Sénégalais sur le contrat Akillee.

«C’est l’Etat qui a besoin d’argent»

D’après Me Massokhna Kane, tout ce qui se dit autour de cette hausse du prix de l’électricité est faux, même les tranches concernées ne sont pas exactes. «On nous a toujours dit que Senelec avait besoin de ressources financières alors que c’est faux, parce que le président du syndicat des cadres de l’entreprise a clairement dit que le Senelec n’a pas de problèmes d’argent. C’est clair que c’est l’Etat qui a besoin d’argent », renseigne-t-il avant de lancer : «tout ce qu’on vous dit par rapport à cette hausse n’est pas fondé.  Il faut la combattre parce qu’elle n’est pas justifiée».

Le président de SOS consommateur suggère par ailleurs l’audit du plan Yeesal puisque dans ce plan, l’électricité devait être vendue entre 60 et 80 F le kilowatt, en 2020. «On en est au double, ce qui veut dire que le plan Yeesal a échoué, il faut donc l’auditer. Il faut un audit technique, parce qu’on ne peut pas investir des centaines de milliards dans un programme sans avoir les résultats escomptés. La raison même voudrait que l’on fasse un suivi-évaluation pour connaître le niveau d’exécution du projet», dit-il.

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