L'Information, un Droit, Vous Servir notre Devoir

L'Information, un Droit, Vous Servir notre Devoir

Journée du Dialogue national: Déjeuner et perdîmes, ces questions vitales évoquées en coulisses Perdîmes


La 2ème journée du Dialogue national a été plus sereine pour Famara Ibrahima Sagna. Après une réécriture de plusieurs heures par quatre rédacteurs, dont Saliou Sarr de Taxawu Dakar, le règlement intérieur, qui ne contient plus l’option du vote contesté la dernière fois, a été finalement adopté. Aussi, il a été demandé à des sous-groupes de réfléchir entre-temps sur les profils et les noms, pour proposer les vice-présidents du bureau du Comité et les présidents des commissions, lors de la prochaine rencontre, lundi. Les conditions de travail se sont invitées aussi à la rencontre, certains considérant qu’on ne peut pas mobiliser des gens toute une journée sans même leur donner à manger.
 
Hier, le Dialogue national s’est poursuivi loin des yeux et des oreilles de la presse. Mais, «Les Échos» a pu glaner des informations sur le déroulement et les conclusions des travaux. Ainsi, le règlement intérieur, qui avait suscité des contestations et avait fait suspendre les travaux lors de la première journée, a été finalement réajusté et adopté hier. «Ils ont mis en place un groupe qui s’est chargé de nettoyer le projet de règlement intérieur et qui a travaillé toute la matinée. C’est vers 14h qu’ils sont venus dans la salle pour lire le nouveau règlement intérieur. On a vu qu’il avait respecté l’esprit et les grandes lignes. On l’a adopté sans problème», rapporte notre source.
 
 Pas de vote ; l’opposition obtient gain de cause sur le mode de prise de décision
 
 Les protestataires de l’opposition ont eu gain de cause sur le mode de prise de décision. «La principale nouveauté (dans le règlement intérieur) est l’absence de vote. Désormais, on parle de recherche de consensus. Et s’il n’y a pas de consensus sur un point, on note les différentes positions et on transfère cela au président de la République», nous confie-t-elle. Et notre interlocuteur est d’autant plus rassuré que si le principe du vote était retenu, c’est la mouvance présidentielle, de loin plus nombreuse dans le Comité, qui en profiterait pour faire passer ses positions.
  
Un khalifiste parmi les rédacteurs du nouveau règlement intérieur
 
Le règlement intérieur qui posait problème a pu être refait grâce à la perspicacité de quatre rédacteurs. Momar Samb (leader Rtas/Bby), Me Ousmane Sèye (Bby), l’ancien gouverneur et ministre d’Etat sous Wade, Diakaria Diaw et Saliou Sarr, un khalifiste. Ils ont mis quasiment 4h à faire la toilette du règlement intérieur.   
Les nouveaux venus désignés sous le vocable de «coptés» pour «faire la différence» avec les 83 membres nommés par décret  

Même si leur présence ne pose véritablement pas un problème, les 40 personnes ajoutées à la première liste de membres du Comité sont bien distinguées des autres. Selon nos sources, dans la salle, ils étaient même assis à l’arrière. «On les appelle d’ailleurs les cooptés, pour faire la différence avec les 83 membres nommés par décret», souligne notre source, qui note que certains tiennent à cette différence, surtout que parmi ces cooptés, «il y a des têtes que les gens ne veulent pas voir». Et il cite nommément Serigne Mbacké Ndiaye. «On a tous entendu sa déclaration, comme quoi il est pour la non limitation des mandats. Or des gens comme ça, qui prennent de telles positions, peuvent constituer un problème pour le dialogue», soutient notre interlocuteur. 
                                                                                   
Reprise des travaux lundi à 15h, pour la formation du bureau et des commissions
 
A en croire nos sources, les travaux vont reprendre lundi. Et ce sera pour former le bureau et les commissions. Pour cela, des «sous-groupes informels» ont été formés pour réfléchir sur les profils et proposer des noms, pour les deux vice-présidents du Comité et les présidents de commissions surtout. Au sein des sous-groupes, les membres vont échanger surtout par téléphone et mail, d’ici lundi, pour harmoniser leurs positions sur les profils et les noms à proposer. 
 
«Si vous convoquez les gens sans leur donner à déjeuner, vous ne verrez plus personne»
 
Même si personne n’en parle ouvertement, la question financière est bien présente dans les travaux du Comité. «On a retenu les gens jusqu’à 16h sans leur donner à manger, sans leur rembourser le transport comme d’habitude», soutient notre source. Qui note que par exemple, lors des concertations sur le processus électoral, «on donnait à manger et on remboursait le transport entre 5000 F Cfa et 10.000 F Cfa». Et notre interlocuteur de révéler que «quelqu’un a même dit au président : ‘’si vous convoquez les gens sans leur donner à déjeuner, vous ne verrez plus personne’’». 
 
 Les 10 millions de Mamadou Lamine Diallo planent sur le dialogue
                             
A en croire nos sources, «les 10 millions de Mamadou Lamine Diallo planent sur le dialogue (il a dit que les dépenses par journée de dialogue sont de 10 millions)». Et pour lui, c’est comme ça que les gens s’expliquent la sortie du président Famara Ibrahima Sagna qui révèle avoir dit à Macky Sall qu’il n’a besoin ni de salaire ni d’indemnités. Une déclaration pour laquelle il risque de se retrouver seul. En effet, pour beaucoup de membres, s’il a un parcours qui lui permet d’être à l’abri du besoin, au point de de ne solliciter aucun franc pour le travail qui lui est confié, ce n’est pas le cas de tout le monde. «Même le Pnud fait des remboursements de transport. L’administration aussi, comme la Direction générale des Élections, qui donne à manger et donne le transport. Mais là, on sent l’impact de la sortie de Mamadou Lamine Diallo», souligne une source.

Les Echos

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

L'Information, un Droit, Vous Servir notre Devoir