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Appel au Dialogue: Abdoul Mbaye déchire l’invitation de Macky Sall

Abdoul Mbaye, patron de l’Alliance citoyenne pour le travail (Act) ne sera pas à la table du président de la République, même si l’invitation pour cette fois-ci a été élargie aux prédécesseurs de Macky Sall, à savoir Abdou Diouf et Me Abdoulaye Wade. Au téléphone avec «Les Échos», après l’appel à l’unité et au dialogue du Président Sall, l’ancien Premier ministre (avril 2012-septembre 2013) dit à qui veut l’entendre qu’il ne sera pas de la partie. Ce ne sont pas les arguments qui manquent.   

Les Echos : Le président de la République vient à nouveau d’inviter l’opposition au dialogue. Qu’avez-vous à dire par rapport à cette invitation?    

Abdoul Mbaye :Si le président Macky Sall représente vraiment 58,26% de l’électorat du Sénégal, sachant également qu’au niveau de l’Assemblée nationale, il contrôle 75% de l’effectif, il n’a pas besoin de l’opposition pour dialoguer ou gouverner. Ça c’est la première chose ; à moins que ce soit pour discuter des strapontins et se mettre à l’abri de critiques. Or, au niveau de notre parti, notre bureau politique s’est réuni samedi ; nous avons considéré qu’il nous revenait de continuer à jouer le rôle de sentinelle et d’être critique, puisque nous aurons en face de nous une continuité dans la politique qui a été menée jusqu’à présent. Qui a consisté à privilégier les grands projets, les marchés avec les grandes entreprises étrangères, à brader les ressources nationales de notre pays et également à dilapider les ressources financières. Donc, nous allons rester dans une attitude de sentinelle et de lanceur d’alerte. Donc, dans l’opposition. Je prends également en compte, parce que nous sommes pragmatiques tout de même, que ce n’est pas la première fois qu’il appelle à un dialogue avec l’opposition. Ça n’a jamais rien donné. Je puis même préciser que c’est la deuxième fois que cela arrive. La dernière fois, c’était simplement pour faire passer le système de parrainage qui avait été rejeté par tout le monde. Y compris par ceux qui avaient cru devoir répondre à l’appel au dialogue. Donc, sachant qu’il a tous les moyens pour gouverner, je crois qu’il faut le laisser gouverner dans la continuité et rester par contre dans une posture de sentinelle et de lanceur d’alerte. C’est cela notre conception de l’opposition ; ça ne nous intéresse pas de venir parler de comment être associé à la gestion du Sénégal. Si c’est cela le dialogue, non ! 

Sauf que, contrairement aux invitations de la fois passée, cette fois-ci, il est question d’y associer les anciens chefs de l’Etat, Abdou Diouf et Me Abdoulaye Wade…    

Pour nous, ça ne change pas grand-chose. S’il représente vraiment les 58,26%…. D’ailleurs, nous considérons qu’il est même à 20 points de ce qu’il représente vraiment. Mais s’il est à 58,26%, avec la majorité dont il dispose au niveau de l’Assemblée nationale, il n’a pas besoin de l’opposition. Il n’a pas besoin de dialoguer avec l’opposition ; puisqu’il a présenté son bilan comme positif ; ça veut dire qu’il est persuadé qu’il est sur le bon chemin. Qu’il continue ce qu’il était en train de faire. Il y a une logique en politique qu’il faut observer. Je fais pour le mieux ! Tout va bien, j’ai les moyens de gouverner tout seul, je continue sur ce que je fais. Il a en face de lui, de toutes les façons, une opposition qui ne va jamais cesser d’être raisonnable. Qui se contentera d’être critique lorsqu’elle considérera que les intérêts du Sénégal sont mis en danger et que la patrie est oubliée au profit d’intérêts familiaux et claniques. C’est cela aussi la démocratie. Pas : ‘’on se met ensemble pour les politiques et on se partage un gâteau’’. Non ! La démocratie, c’est également l’existence d’une opposition qui recrée l’équilibre et qui par son action peut emmener à la correction. Les cinq années qui viennent vont être des années difficiles, des années longues. Difficiles, parce que l’économie ne se porte pas très bien, contrairement à ce qui est annoncé. Parce que nous entrons dans une période de soudure, parce que les ressources publiques ont été gaspillées. Il faut qu’il assume la gestion qui a été la sienne jusqu’à présent et l’opposition de jouer son rôle dans le cadre du fonctionnement de la démocratie.

Source Les Echos

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